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LE COLLIER D’HÉLÈNE
Bilan
Résidence de création de La Barraca au Théâtre national palestinien – Jérusalem
Janvier- février 2008.Répétitions du 7 janvier au 6 février 2008. TNP
Représentations du 7 au 27 février à Jérusalem, Ramallah, Bethlehem, Naplouse.
Les 7, 8, 9 et 10 au TNP. Jérusalem E. 1100 spectateurs
Les 14, 16 et 17 à Al Kassaba Théâtre. Ramallah. 345 spectateurs
Le 21 à Dar Annadwa. Bethlehem. 100 spectateurs
Le 24 au Théâtre de l’Université Najah. Naplouse. 550 spectateurs
Le 27 au TNP. Jérusalem E. 2 représentations à 13h et à 19h30. 390 spectateursTotal représentations : 11
Total spectateurs : 2485En marge du spectacle
- Une quinzaine de personnes sont venues de France pour assister au spectacle. Des responsables culturels, des artistes et des journalistes. Une rencontre interprofessionnelle a eu lieu le samedi 9 février à l'issue de la représentation entre ces professionnels français et des directeurs de théâtre et des artistes palestiniens.
- Du 9 au 13 février, Carole Fréchette, accompagnée par Nabil El Azan, a animé un atelier d'écriture dramatique Huit écrivains palestiniens y ont participé. Cet atelier ayant pour objectif second d'inciter ces écrivains à écrire une pièce jeune public. Un comité de lecture local sélectionnera la pièce qui sera produite par la TNP en avril-mai 08.
Revue de presse
(Extraits traduits de l’arabe)
Le spectacle a suscité un vif intérêt en Palestine. La presse et les sites locaux en ont largement fait écho – il suffit de taper Le collier d’Hélène en lettres arabes « okd helen » sur Google pour s’en rendre compte. Les extraits qui suivent sont tirés des articles les plus analytiques.
Un reportage sur Press TV a été réalisé le soir de la première.
Il est consultable sur :http://www.presstv.ir/Detail.aspx?id=42240§ionid=3510301
cliquer sur la caméra au bout du titre
- Une pièce palestinienne
Dounia Al Watan Khalil Abou ArfehLe collier d’Hélène est un collier de perles « évanescent », comme il est dit. C’est un souvenir d’amour, mais aussi un mensonge pieux. C’est aussi un joli moyen pour pénétrer au cœur de l’épreuve et partager la peine des gens.
Du camp au quartier populaire et jusqu’à la mer, le chemin de la quête du collier est devenu une expérience éprouvante et passionnante à la fois pour Hélène. Un chemin sans doute plus beau que le collier lui-même si elle l’avait retrouvé. Un chemin à travers les coeurs des gens en chair et en os, et parmi eux Nabil, le beau chauffeur de taxi aux yeux bleus - Saleh Bakri (le « dragueur » de La Visite de la Fanfare), fidèle et serviable fils du pays. Nabil n’était pas qu’un simple chauffeur, mais aussi un guide…
Et voilà le collier balle rouge d’un enfant martyr, maison qui n’est plus que trace, patrie spoliée avec ses mémoires, ses sentiments et ses… colliers.
( …) Nabil El Azan n’a pas seulement capté les soucis des Palestiniens et des Libanais, il a aussi agi en poète, au sens strict du mot… Il était fin et rêveur et flâneur dans un espace riche en signes, suggestions et symboles, loin des cris, des hurlements, et des slogans politiques…
Le collier d’Hélène porte magistralement le souci palestinien, dans la mesure où la cause palestinienne est devenue la conscience du monde.(... ) Hélène devient l’amie du chauffeur fils du pays, elle devient des nôtres, puisque nous partageons chacun une perte. Quoi de plus normal que nous trouvions une langue commune, que nous apprenions un peu du français et qu’elle dise quelques mots arabes dans un suave accent français.
- Le collier d’Hélène au TNP
blog.amin.org AminEn exploitant le talent et les capacités des acteurs, le metteur en scène fait jaillir cette énergie brute qui nous explose à la figure, nous bouscule, nous capte, caresse nos sens, et nous coupe le souffle. Elle nous fait quitter nos sièges pour nous entraîner avec les personnages. Et quand bien même l’espace serait vide de tout décor réaliste, nous voilà dans leurs espaces, montant et descendant du taxi, traversant des rues, déambulant dans les ruelles du camp, grimpant l’escalier vers le toit d’un immeuble, entendant leur cri comme s’il venait de loin, et jusqu’à leur murmure comme s’il était murmuré à nos oreilles… C’est tout ça qu’il y avait dans le spectacle « le collier d’Hélène » qui nous a éblouis.
Ce qui m’a attiré le plus est ce mélange de trois langues, l’arabe, le français et l’anglais, avec l’utilisation de la technique moderne pour le surtitrage. Ceci a permis de mélanger aussi des spectateurs de langue différente. Superbe mélange qui a donné de nouvelles et belles perspectives qui m’ont fait ressentir Hélène comme une étrangère perdue dans un pays qui ne parle pas sa langue, un pays où se mêlent les langues.
- Le collier d’Hélène, une pièce franco-palestinienne, espace pour un dialogue des cultures.
Reuters
Le metteur en scène Nabil El Azan a ouvert la scène du théâtre pour un dialogue des cultures, en créant un spectacle remarquable avec une brillante distribution franco- palestinienne.
- Le collier d’Hélène : La force du message et le plaisir du spectateur.
Arabs 48. Saleh Alladdawi.Que tu sortes d’une salle de spectacle totalement réjoui et satisfait… Que tu quittes cette salle malgré toi … Que tu emportes le spectacle avec toi dans la voiture et jusqu’à la maison… Tout ça ne veut dire qu’une seule chose… Tu viens de voir un spectacle complet, à tout point de vue, texte, mise en scène et jeu. C’est avec ça que j’ai quitté la salle du théâtre national palestinien après avoir assisté à une représentation du « Collier d’Hélène », en coproduction avec la compagnie française La Barraca.
L’auteur canadienne Carole Fréchette nous promène dans des mondes divers, d’un chantier à un quartier populaire et d’un camp misérable à un site touristique, le tout grâce à une langue transparente comme le cristal… À la poésie rare, et avec une humanité sans pareille et un saisissant rythme de langue … Il n’y a pas un mot de trop ou de moins…
C’est vers des univers magiques que nous conduit le metteur en scène franco-libanais à travers sept panneaux muraux seulement. Sept morceaux de murs et rien d’autre que les acteurs… Te voilà dans un chantier, les murs bougent comme des bouts de maisons, puis Hélène se perd devant le mur et nous voilà dans un quartier encombré, puis les murs bougent à nouveau dessinant une courbe d’où il est difficile de découvrir un angle avant de se serrer jusqu’à l’étouffement dans un camp, puis les voilà colonnes d’un site touristique et l’on se croirait à Sabssatiyé ou à Baalbeck !
Pas de rue, ni de vieux quartier, ni camp, ni site touristique, ni même un taxi, sept murs et six acteurs. C’est de la haute et précise machine théâtrale… lumières, musique, scénographie, vidéo et surtitrage tout contribue à construire l’instant théâtral chez le spectateur et l’acteur à la fois et qui transporte la pièce d’une pièce ordinaire à un spectacle de grande qualité. Une école de théâtre en soi.
- Jérusalem… Et le collier d’Hélène.
Al Kuds. Azzam Toufik Abou Essaoud.J’ai été très heureux de voir la Première du spectacle « Le collier d’Hélène » au Théâtre national palestinien. J’ai été heureux de voir un spectacle de grande qualité artistique. Où les langues se côtoient et les cultures se mêlent.
A la beauté du texte s’ajoute la belle mise en scène de Nabil El Azan qui a présenté un spectacle moderne et inventif avec des acteurs tous excellents.
- Lorsque les pertes grandes ou petites se côtoient, les questions explosent.
Alkuds al Arabi. Ziad KhaddachElle rêve, elle rêve, je me suis dit. C’est un monodrame, les autres, le chauffeur, la mère du martyr, l’homme à la soixantaine, le contremaître, ne sont que des personnages que la française Hélène a inventés, ne les a-t-on pas vus tourner autour des miroirs de façon subtile et brumeuse ?
Ils tournaient en effet dans sa conscience. Elle était au centre de la scène, au centre de sa conscience fatiguée et humaine. Eux, elle les a rangés sur les côtés de sa conscience, pour les convoquer à sa guise, pour converser avec eux, pour se torturer avec eux. Découvrant ainsi sa honte et la misère de son être. Étions-nous nous aussi, spectateurs, un rêve dans sa tête ? Nous a-t-elle inventés la dame pour se soulager ? L’avons-nous inventée nous-mêmes pour calmer notre sentiment de peur, d’isolement et de solitude dans un monde tyrannique qui n’a pas cure de la douleur des autres ?
(…)Les lumières étaient de la musique, la musique des lumières, pourquoi ai-je ressenti que chaque élément empruntait à l’autre une part ? Le plus beau du spectacle c’est sa poésie. Son déroulement léger et son mouvement doux et précis, on dirait un livre ou une danse sanguinaire triste, ou encore une conversation nocturne sur un balcon de tendresse et de mort, un tableau d’absence où les visages et les choses changent et qui ne garderait qu’une seule couleur, le bleu ; le bleu est la fille de ce travail théâtral, son essence, son horizon, son sang et son tissu. Le bleu est ici l’onirisme tremblant et majestueux. Il est les malédictions qui attendent à nos portes qu’on soit happés. Il est la dangerosité présente dans les miroirs et le tournoiement soufi autour d’eux. Il est la férocité de la condition posée devant la simplicité des besoins humains. La terrible absence de la notion de justice.
Le jeu des acteurs était fort. Pas de surjeu, ni de clownerie… Saleh Bakri a incarné la rêverie du spectacle en donnant corps au chauffeur. Avec une démarche lente, un regard fixe, un sourire précis et des paroles rares, il demandait du spectateur qu’il invente le personnage du chauffeur, qu’il s’empare de lui et en fasse ce qu’il veut. Le jeu de Saleh Bakri était éclatant. Avec une intelligence rare, avec tranquillité et grande sensibilité, il a su lors de scènes brèves et discontinues, incarner le rêve brumeux d’une conscience obsédée par la dispersion et la perte.
Mahmoud Awad : avec cette voix si familière, il ne laisse pas de nous étonner. Chaque fois que je le vois sur scène, je me demande, où est-ce que j’ai vu cet homme déjà ?
Quant à Reem Talhami, elle prouve une fois de plus sa grande capacité à incarner la femme endolorie et joyeuse à la fois. Elle possède un grand registre de jeu. À la demande la douleur suinte de sa voix, et à la demande la joie jaillit d’elle.
Husam Abu Eisheh : comme d’habitude il force notre admiration par sa spontanéité, sa légèreté et la force de sa présence. Chaque geste qu’il fait nous attire, chaque regard qu’il jette nous capte et où qu’il aille, on le voit.
Cependant la Française Mireille Roussel est cette montagne où les chevaux du spectacle ont couru. Elle est cette lumière centrale qui a éclairé les côtés, elle est la force de la pensée et l’intelligence de l’imaginaire. Elle est la tête qui rêve, l’âme qui s’est évaporée de douleur…
J’ai oublié de dire qu’Hélène a rêvé d’un metteur en scène ; c’est Nabil El Azan, un Français d’origine libanaise. Le remercie-t-on ? bien sûr. Il a répondu à l’appel d’Hélène. Il est venu du fin fond de ses rêves pour l’aider à réaliser le sien. Et il l’a surprise là où elle ne s’y attendait pas. J’ai même eu le sentiment à un moment que c’est lui qui a rêvé de tout ça. Qu’il a même rêvé de moi et qu’il m’a convoqué pour écrire sur sa merveille de création… Hélène a aussi rêvé d’un auteur, Carole Fréchette.
© La Presse Canadienne, 2008
«Le collier d'Hélène»: pièce québécoise jouée à Jérusalem
Le 28 janvier 2008La pièce "Le collier d'Hélène", de la Québécoise Carole Fréchette, sera présentée au Théâtre National Palestinien à Jérusalem à compter du 7 février.
Cette pièce a déjà fait l'objet d'une vingtaine de productions. Elle a été écrite en 2000 à la suite d'une résidence d'écriture au Liban.
Elle met en scène une congressiste venue d'un pays du Nord et partie à la recherche de son collier, perdu dans les dédales d'une ville du Moyen-Orient marquée par une guerre récente. Dans son périple, Hélène fait la connaissance de gens meurtris qui, pour leur part, ont perdu beaucoup plus qu'un bijou.
Cette recréation sera signée Nabil El Azan, celui-là même qui avait proposé une première mise en scène de cette pièce à Beyrouth en 2002. Cette nouvelle proposition scénique du texte de Carole Fréchette réunit cette fois des acteurs palestiniens et français. La production, présentée en français, en anglais et en arabe (avec surtitres), prendra l'affiche par la suite à Bethléem et à Ramallah. Une tournée en France est aussi prévue au cours de la saison 2008-2009.
A la demande du Théâtre National Palestinien, Carole Fréchette donnera, à l'occasion de la présentation de sa pièce, un atelier d'écriture à des artistes de théâtre palestiniens de Jérusalem et de Cisjordanie.
La Barraca Créations théâtrales
Compagnie conventionnée Drac-Île de France
15, avenue de la Duchesse du Maine. Sceaux
tel 01 46 61 07 04. labarraca@free.fr